Dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigéria, une épidémie de choléra sévit depuis le 16 août 2017.
La zone la plus touchée est la banlieue de Maiduguri, en particulier les camps de Muna, où vivent près de 32 000 personnes déplacées. La ville de Maiduguri, et les communes de Dikwa, Mafa et Monguno sont également affectées par l’épidémie. Au total plus de 4 800 cas suspects et 61 décès ont été recensés dans le pays depuis le début de l’épidémie (*données du 12 octobre 2017).
Le choléra est une infection provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Il peut provoquer une diarrhée aqueuse aiguë et une déshydratation.
Le choléra se répand plus facilement dans les lieux bondés où les conditions d'hygiène et d'assainissement sont inadéquates et où l'accès à l'eau potable est limité. C'est le cas dans les camps de l’Etat de Borno, où les populations se sont réfugiées après avoir fui les combats entre Boko Haram et l'armée nigériane.
"La situation est critique, compte tenu des conditions de vie très précaires des déplacés et de la propagation rapide de l'épidémie."
- Max Yvon Mbangui, coordinateur de projet pour l'équipe d'intervention d'urgence d'ALIMA au Nigéria.
“De nombreuses personnes vivent dans des abris de fortune et n'ont pas accès à de l'eau potable. En cette période de saison des pluies, de nombreuses zones du camp sont inondées, les conduites d’évacuation des eaux usées sont bloquées, ce qui provoque la stagnation des eaux sales, et la contamination des sources d'eau propre”
- Jean-Paul Mushenvula, chef de mission pour ALIMA au Nigéria
Des équipes de sensibilisation sillonnent les camps pour expliquer aux habitants comment se propage le choléra. Les mesures d’hygiène sont rappelées à tous. Il est notamment conseillé de se laver les mains fréquemment avec de l'eau et du savon, de bien nettoyer, de bien cuire les aliments, et d’utiliser des latrines.
“La sensibilisation sur le choléra est cruciale auprès de ces communautés.”
-Hamman Usman, assistant infirmier
La plupart des cas de choléra peuvent être traités avec des sels de réhydratation orale. En l’absence de traitement, le choléra peut provoquer la mort du patient en quelques heures.
Afin de soigner au plus vite les patients infectés, ALIMA a installé des points de réhydratation orale dans les camps de Muna Garage, Muna Customs et dans six sites à Monguno.
Dans le centre de Muna Garage, les équipes voient en moyenne une centaine de patients par semaine.
Les patients y sont d’abord dépistés pour le choléra. Les cas non sévères peuvent entrer dans le centre, en prenant bien soin de se laver les mains. Ils sont maintenus sous observation et traités sur place avec des sels de réhydratation orale.
Depuis le 6 septembre, les équipes d’ALIMA ont déjà soigné plus de 1000 patients dans les 8 points de réhydratation orale. Après leur traitement les patients rentrent chez eux avec un approvisionnement en sels de réhydratation orale.
Nana Bukar a 8 ans. Elle vit avec sa mère Falmata dans le camp de déplacés de Custom House, mais est originaire du village de Dole, dans la commune de Dikwa.
“Nana a des vomissements depuis une semaine”, s’inquiète sa mère. “Elle a déjà reçu une perfusion, mais elle ne guérit pas.”
Le cas de Nana a été jugé trop sévère. Les équipes d’ALIMA ont décidé de la référer en ambulance jusqu’au centre de traitement du choléra à proximité, où elle sera hospitalisée et recevra des soins complémentaires.
Comme Nana, 269 patients ont déjà été référés par ALIMA dans les centres de traitement du choléra depuis septembre.
"La meilleure façon d'arrêter la propagation de l'épidémie est de réduire la transmission de personne à personne par l’hygiène individuelle et la désinfection des sources potentielles de contamination, telles que les eaux sales ou les marchés".
- Docteur Max Yvon Mbangui, coordinateur de projet pour l'équipe d'intervention d'urgence d'ALIMA au Nigéria
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