« La première attaque dans notre village remonte à il y a 7 ans. Des membres d’un groupe armé sont venus dans notre village et ont attaqué les habitants. Nous avons pris la fuite, avant de revenir, quelques jours plus tard.
Certaines personnes avaient décidé de quitter le village, mais j’ai décidé de rester, et ce, malgré l’insécurité. La vie n’était plus la même, et on a commencé à se faire attaquer régulièrement, malgré la présence d’un camp militaire situé près du village. Sur une période de 7 ans, plus de 60 personnes de ma communauté ont été tuées. Parmi elles, des oncles, des frères, des cousins, des tantes. Il y a 2 ans, le camp militaire situé près de notre village a été attaqué, puis, c’est notre village qui a subi une attaque et 20 personnes ont été gravement blessées et 5 personnes sont décédées des suites des blessures. C’est après cette attaque que j’ai décidé de quitter le village, afin de mettre ma famille en sécurité. Le village s’est quasiment vidé.
Ma famille et moi vivons ici depuis 2 ans. Nous faisons partie de la seconde vague de déplacés internes arrivés sur le site d’Amma. Nous vivons en sécurité ici à Amma, mais nous n’avons rien. Pour nourrir ma famille, je dépends entièrement des dons, des ONGs. Je n’ai rien, j’ai tout abandonné en quittant Bohoma. Avant j’étais pêcheur et éleveur…
Il sera difficile de faire de la pêche ici mais j’aimerai bien recommencer mon activité en tant qu’agriculteur. Pour cela, il me faut un peu d’argent..
Tout le monde connaît ALIMA ici, et ceci grâce au travail des relais communautaires. Ma famille vient souvent se faire consulter et soigner ici. Nous sommes nombreux à vivre ici sur le site. Si nous pouvions agrandir le site, je pense que cela serait une très bonne chose », témoigne Kanaye Mboh, déplacé et habitant sur le site d’Amma.