La persistance de plus d'une décennie de conflits armés au Nigeria a fortement contribué à détériorer la situation humanitaire, notamment dans le nord-est du pays. Dans l'État de Borno, on compte plus de 1,3 million de déplacés à l'intérieur du pays. À Maiduguri, capitale de l'État, 382 876 personnes déplacées ont été enregistrées. 273 159 se trouvent dans des camps formels et 109 717 dans des camps informels. L'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé ou à l'assainissement est limité.
Pour aider à répondre aux besoins des personnes déplacées, les équipes médicales et nutritionnelles d'ALIMA leur fournissent des soins vitaux ainsi qu’à la communauté d'accueil sur cinq sites de la région de Maiduguri et à l'hôpital universitaire de Maiduguri.
Lisez la suite pour découvrir en images les récits et les photographies de nos patients et de nos soignants.
Bienvenue à l'hôpital universitaire de Maiduguri, plus couramment appelé l’UMTH. Au centre d'alimentation thérapeutique intensive (ITFC) de l'UMTH, ALIMA soigne les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications, comme le paludisme, les détresses respiratoires et les anémies, et leur apporte des soins hautement spécialisés afin d'améliorer leurs chances de récupération et de survie.
L'ITFC est composé d'un service d'hospitalisation avec 57 lits en soins intensifs, un espace de loisirs pour les mères et les enfants, et une zone dédiée pour sensibiliser les familles aux bonnes pratiques en matière de santé et de nutrition.
Chaque matin, tôt, Emmanuel Agbom, assistant nutritionnel pour ALIMA, prépare et livre des doses de lait thérapeutique aux enfants admis au sein de l'ITFC. La formule spéciale de ce lait aide les enfants souffrant de la forme la plus grave de malnutrition, à reprendre progressivement du poids et à guérir, car ils ne peuvent pas encore tolérer d’aliments solides.
Parmi les patients, il y a Halima, âgée de trois ans. Elle a été admise à l'ITFC car elle souffre de malnutrition aiguë sévère et de broncho-pneumonie. Pour l'aider à respirer, elle est reliée à un concentrateur d'oxygène. Sa mère, Hadiza, était très inquiète, mais elle déclare :
« Les soins sont bons ici. J'ai remarqué une nette amélioration de l'état de santé de ma fille depuis que je suis arrivée il y a trois jours. J’aimerais que les femmes de mon village sachent qu'elles peuvent venir dans cet hôpital. Tous les soins sont gratuits et les agents de santé ont une bonne attitude. »
Outre le fait d’apporter un traitement pour les enfants souffrant de malnutrition, le personnel propose des sessions de formation aux parents des enfants hospitalisés, afin de leur apprendre à prévenir et à détecter la malnutrition chez leurs enfants.
Ci-dessus, Amos Ishaku, un promoteur de santé d'ALIMA à l'ITFC, anime un atelier de cuisine. Dans le cadre de la leçon de cuisine pratique, les participants apprennent à préparer des repas abordables et nutritifs pour leurs enfants et leur famille, en utilisant des ingrédients disponibles localement. Il donne également des leçons sur l'hygiène.
Aisha Usman, qui porte son fils sur son dos, participe à l’atelier d'Amos sur la préparation de la nourriture. Comme de nombreuses familles qui viennent se faire soigner à l'ITFC, Aisha et sa famille sont déplacées internes et vivent aujourd'hui dans la région de Maiduguri. Elle raconte :
« Nous avons fui notre maison à cause de l'insurrection de groupes armés . Cela a entraîné une pénurie de nourriture et nous ne pouvions plus nous loger» , explique-t-elle. « Puis, j'ai accouché, mais mon bébé était toujours malade et souffrait de malnutrition. Quand nous sommes arrivés ici, ils ont pris soin de nous. ALIMA nous aide dans cet hôpital. » Elle poursuit :
« Ils s'occupent de nous et de nos enfants, et ils nous apprennent à cuisiner. Ils ont également fait passer des tests de dépistage du paludisme et d'autres maladies à nos enfants. Avant, nous faisions cuire nos légumes pendant 30 minutes à une heure, mais maintenant nous avons appris à les cuisiner [moins longtemps] pour conserver les nutriments. Nous sommes reconnaissants. »
À l’hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH), le Docteur Bukar, médecin à l'hôpital universitaire de Maiduguri, explique l'utilisation du bracelet PB-mères aux élèves de l’ITFC école.
Les familles ne sont pas les seules à bénéficier de ces formations à l'ITFC.
Considéré comme un centre d'excellence au Nigeria, l'UMTH offre non seulement des soins spécialisés pour les cas de malnutrition les plus compliqués, mais forme également le personnel du Ministère de la Santé à la prise en charge des enfants malnutris. Dans le cadre d'un programme de formation théorique et pratique de trois semaines, les étudiants de l’ITFC école apprennent à dépister, détecter, diagnostiquer et soigner les enfants aux côtés du personnel de santé. Ils ont ainsi l'occasion d'observer et de pratiquer différentes méthodes de traitement.
« Nous impliquons très tôt les étudiants en médecine, afin qu'ils participent à des activités cliniques et qu'ils puissent apprendre pendant leurs études.»
Docteur L M Bukar, médecin en charge de la pédiatrie à l'ITFC et enseignant à l'UMTH.
Diverses formations ont également lieu en dehors de l'UMTH. Dans les cliniques de santé soutenues par ALIMA situées en banlieue de Maiduguri, les mères et les autres membres de la famille apprennent à utiliser un bracelet tricolore connu sous le nom de bracelet PB-mères. Il permet aux familles de mesurer le périmètre brachial pour dépister régulièrement la malnutrition chez leurs enfants. Les familles peuvent utiliser le bracelet PB-mères à la maison, afin de détecter plus tôt les premiers signes de malnutrition de leur enfant, et ainsi réduire le risque d'hospitalisation.
Ces formations proposées par ALIMA s'ajoutent aux services de santé primaires et secondaires, tels que les consultations générales, les programmes de traitement en ambulatoire de la malnutrition, les services de santé sexuelle et reproductive, et le soutien aux victimes de violences sexuelles ou de violences basées sur le genre. L’ensemble de ces services sont proposés gratuitement par ALIMA aux personnes déplacées et aux membres de la communauté d'accueil.
Au Teachers Village Camp (TVC), camp pour les personnes déplacées situé enpériphérie de Maiduguri, Tracey Akwudo Obinali, sage-femme ALIMA, procède à un examen et vérifie les signes vitaux de Zara Sani, patiente de 25 ans qui va bientôt accoucher. .
Il y a un an, suite à une attaque d’un groupe armé, Zara a fui sa maison avec son mari et ses deux enfants. Ils vivent à présent dans un camp de déplacés voisin. Tout au long de sa grossesse, Zara s’est rendue au Teachers Village pour assister à ses consultations prénatales et c’est ici qu’elle accouchera.
« J'aime cet hôpital parce qu'ils s'occupent bien de moi.»
Les femmes enceintes qui se rendent à la clinique ont accès à des consultations prénatales et postnatales gratuites, à des accouchements assistés et à des consultations au planning familial.
Tracey (à gauche) et ses collègues sages-femmes du TVC, Joy Gokas (au centre) et Pwakulti Praise Iliya (à droite), affirment qu’elles offrent à toutes leurs patientes les meilleurs soins possibles, afin de garantir la bonne santé des mères et de leur(s) enfant(s).
Dans l'unité post-natale du dispensaire du Teachers Village Camp (TVC), des jumeaux nouveaux-nés font la sieste sur le lit de leur mère, Zainab Usman. Cette dernière a fui sa maison suite à une attaque d'un groupe armé. Elle vit désormais dans le camp de déplacés voisin de Madinatu, mais est venue au Teachers Village Camp pour accoucher.
Hajja Kellu est une infirmière et assistante nutritionnelle. Elle travaille pour ALIMA au centre de santé du Teachers Village Camp. « Lorsque nous avons débuté les activités ici, nous avions environ 18 mobilisateurs communautaires et les «Bulamas » [chefs communautaires]. ALIMA organisait des réunions avec eux afin qu'ils autorisent leurs femmes et leurs enfants à venir ici et à bénéficier des différents services offerts.
« J'aime les aider, car je suis également une personne déplacée ici et je ne veux pas voir mon peuple souffrir. »
Faith Nwafor, agent de gestion communautaire de la malnutrition aiguë, examine Maryam en présence de sa mère, Fatima Mohammed. Elle a récemment été diagnostiquée comme souffrant de malnutrition aiguë modérée et a été admise dans le programme de traitement ambulatoire d'ALIMA. Lors de son contrôle hebdomadaire, Faith constate que Maryam a pris du poids et qu’elle joue à nouveau.
« Ce que j'aime le plus dans mon travail, c'est quand nous voyons l'amélioration d'un enfant, et aussi quand nous pouvons contribuer à transmettre des connaissances sur les moyens d'améliorer l'hygiène et la santé.»
Adamu Modu, infirmier ALIMA au dispensaire de Muna, vérifie le poids d'Aisha Moustapha, huit mois, en présence de sa mère, Fatima Ali.
Il y a quelques semaines, Aisha a été admise au centre d'alimentation thérapeutique en ambulatoire d'ALIMA, car elle souffrait de fièvre et de détresse respiratoire.
Aujourd'hui, lors de son dixième contrôle de suivi, Adamu rassure Fatima en l’informant qu'Aisha se rétablit et qu'elle pourra bientôt quitter le programme.
Dans le cadre du programme de traitement en ambulatoire pour les enfants souffrant de formes non-compliquées de malnutrition aiguë modérée ou sévère, Fatima a reçu des paquets d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi pour compléter son alimentation pendant le traitement.
Avant de distribuer les rations hebdomadaires de complément nutritionnel, Hajara Adamu, assistant nutritionnel d'ALIMA au dispensaire de Muna, explique aux mères comment et quand elles doivent nourrir leurs enfants avec ces petits paquets de pâte pré-préparée, riches en vitamines.
Au dispensaire d'ALIMA à Muna, Falta Hassan, pose avec Umara, son fils âgé de huit mois.
Falta et sa famille ont fui leur maison il y a quatre ans et vivent désormais dans le camp de déplacés, voisin de Muna Garage. Umara, qui souffre de malnutrition aiguë modérée, a été admis dans le programme de traitement en ambulatoire d'ALIMA. Sa mère et lui sont présents pour un contrôle de routine.
Au départ, il ne pesait que 5,8 kg. Après quelques semaines de traitement ambulatoire, Umara pèse désormais 6,3 kg et son état de santé s'est beaucoup amélioré.
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