Marie*, 15 ans, était enceinte de huit mois et demi quand les premières contractions sont apparues après qu'elle ait bu un médicament traditionnel. La structure de santé la plus proche se trouvait à 17 kilomètres du village où elle habitait en République centrafricaine (RCA). Dans cette situation, les seules options sont habituellement de marcher ou d’attendre au bord de la route et de faire du stop. Marie a pu se rendre à la clinique à moto, mais c'était un choix risqué qui aurait pu provoquer des contractions supplémentaires.
Au moment où Marie est arrivée à la maternité dans le district de Boda (180 km au sud-ouest de la capitale, Bangui), elle avait de fortes contractions mais malgré cela l’ouverture du col durait trop longtemps. Il y avait des signes de souffrance fœtale. Le bébé risquait d'être privé d’oxygène, et Marie risquait d'endommager son utérus.
Étant donné le risque pour Marie et son futur enfant, la sage-femme de garde, Dorcas, a admis Marie à l'hôpital, où elle a subi une césarienne d'urgence.
L’opération s’est bien déroulée et Marie est désormais maman d’une petite fille de 2,8 kilos, en bonne santé.
“Si elle était arrivée à l’hôpital plus tard, elle et son bébé auraient perdu la vie.”
- Patricia Marcel, infirmière pour ALIMA
Malheureusement, toutes les histoires de naissance n’ont pas "un happy ending". La République centrafricaine possède l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde : 890 décès pour 100 000 naissances. Le pays compte moins de deux sages-femmes pour 10 000 personnes.
En raison des distances éloignées qui séparent de nombreuses femmes du centre de santé le plus proche de chez elles, la plupart tentent d'accoucher à la maison. Si une complication survient, il est souvent trop tard pour obtenir de l'aide. Pour celles qui se rendent dans une clinique pour accoucher, peu de structures sont suffisamment équipées pour traiter les complications, comme les hémorragies, et la plupart ne permettent pas d'effectuer des interventions chirurgicales, telles que les césariennes. Le haut taux de grossesse chez les adolescentes augmente le risque de complications chez les jeunes filles.
“L'histoire de Marie pourrait être l'histoire de n’importe quelle femme centrafricaine. Parfois, ces jeunes mères sont sauvées à la dernière seconde, mais plus probablement, si l’accouchement ne se passe pas bien... un petit problème peut rapidement mener à un drame si elles n'ont pas accès à des soins adéquats. Donc, plus de centres équipés pour les césariennes sont essentiels pour la survie des femmes enceintes.”
Pour aider plus de femmes à accoucher en toute sécurité et avec succès, les équipes médicales d'ALIMA soutiennent 3 établissements de santé dans le district de Boda ainsi que l'hôpital de district. Elles offrent des consultations prénatales gratuites et accompagnent les femmes lors de l’accouchement. Les sages-femmes offrent également des conseils de planning familial et font des visites à domicile pour voir comment vont les mères. Les mamans allaitantes reçoivent également des soins de santé gratuits.
Depuis le début du programme en 2014, plus de 3 000 femmes ont accouché dans ces cliniques et plus de 200 césariennes ont été réalisées. Plus de 15 000 femmes ont bénéficié de consultations prénatales. En 2016, 115 femmes ont été hospitalisées chaque mois en moyenne.
“J'ai donné naissance à mes cinq premiers enfants à la maison. Le dernier était mort-né. Cette fois, je suis venue ici parce que maintenant j’ai compris qu'il faut venir tôt à l'hôpital pour suivre la grossesse. Il y a de nombreux avantages ici. ALIMA te donne des consultations prénatales et t’aide à accoucher.”
- Rouga Yadou Amadou, patiente à la maternité de la clinique de Boda
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Le soutien de la maternité à Boda permet d'aider des femmes comme Marie, grâce au financement du service d'aide humanitaire de l'Union Européenne (ECHO).
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