Le Nigéria fait face à la plus grande épidémie de fièvre de Lassa de son histoire selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Le centre nigérian de contrôle des maladies (Nigeria Centre for Disease Control, NCDC) a annoncé qu’entre le 1er janvier et le 25 mars, 1 613 cas suspects ont été recensés dans 19 états sur les 36 que compte le pays. Parmi eux, 394 cas ont été confirmés par des tests de laboratoire, et 95 personnes sont décédées.
Le nombre de cas rapportés lors des deux premiers mois de l’année dépasse le double du nombre de cas moyen par an.
Suite au lancement d’une réponse de santé publique du centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC) le 19 janvier, ALIMA a lancé une réponse d’urgence pour soutenir les autorités locales dans les deux états les plus affectés - Ondo et Edo - le 22 janvier 2018.
Cette réponse inclut un travail main dans la main avec les autorités sanitaires nigérianes pour améliorer le triage des patients et appuyer la gestion des cas, protéger et former les personnels hospitaliers, faciliter les diagnostics en laboratoire, réhabiliter les bâtiments, et supporter les actions au sein de la communauté pour contrôler la transmission de la fièvre de Lassa.
ALIMA procure avec ses partenaires des traitements gratuits aux patients, et a également donné aux centres de santé locaux des médicaments (notamment le traitement recommandé, la Ribavirine), des équipements de protection individuelle pour les personnels soignants, et d’autres équipements d’hygiène.
“La priorité est de diagnostiquer les cas plus tôt et d’augmenter les chances de survie pour ceux qui seront infectés, tout en protégeant les travailleurs de santé et les familles”.
- Dr. Bernard Gaüzère, Conseiller Médical pour ALIMA pour la fièvre de Lassa
La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique aiguë et mortelle, endémique en Afrique de l’Ouest, qui est généralement transmise aux humains par l’urine ou les déjections du rat Mastomys. La transmission interhumaine est également possible, par le contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, ce qui place les personnels soignants et les familles dans un risque élevé d’infection. Dix-sept travailleurs de santé ont été infectés depuis le début de l’épidémie dans six états, et quatre d’entre eux sont décédés.
Les symptômes de la maladie incluent de la fièvre, des diarrhées, des vomissements, des douleurs abdominales, des maux de gorge et des hémorragies. Sans réel diagnostic et traitement, le taux de mortalité de la fièvre de Lassa peut atteindre 50% lors des épidémies. Il n’y a pas de vaccin pour prévenir de la fièvre de Lassa, mais un traitement symptomatique améliore les chances de survie des patients. L’OMS dit que le médicament antiviral Ribavirine a démontré être un traitement efficace s’il est donné suffisamment tôt dans la progression de la maladie.
Etant donné le nombre anormalement élevé de cas suspects recensés pendant les premières semaines de l’épidémie, de nombreux centres de santé, à ce moment, n’avaient simplement pas assez d’espace, de personnel, de Ribavirine et d’équipements de protection pour soigner les patients.
Afin d’aider à augmenter la capacité d’accueil des centres de traitement, ALIMA a aidé à la construction de deux tentes de traitement au sein de l’hôpital universitaire spécialiste d’Irrua dans l’état d’Edo, et a supporté la réhabilitation d’un centre de traitement de 35 lits dans le centre médical fédéral d’Owo, dans l’état d’Ondo.
Quand un patient suspecté d’avoir la fièvre de Lassa arrive dans une clinique de santé ou un hôpital, il doit d’abord passer par un processus de triage. Les personnels soignants vérifient ses paramètres vitaux et lui font une prise de sang afin d’envoyer un échantillon en test dans un laboratoire spécialisé de l’hôpital universitaire spécialiste d’Irrua.
En attendant les résultats, le patient suspecté d’avoir contracté la fièvre de Lassa, s’il est déjà à l’hôpital, est transféré temporairement dans la zone d’isolation. Si le patient est identifié dans une clinique de santé, il est accompagné par un infirmier portant un équipement de protection complet, et est transféré en ambulance jusqu’à l’unité d’isolation la plus proche.
Lorsque les résultats reviennent du laboratoire, si le cas est confirmé positif, le patient est transféré dans la zone des maladies infectieuses, où il continue de suivre un traitement pour la fièvre de Lassa. Si les résultats sont négatifs, le patient recevra un traitement pour ses symptômes au sein de l’hôpital. Dans les deux cas, la chambre d’isolation où il a séjourné est complètement désinfectée pour éviter tout risque de contamination future.
Prisca a commencé à se sentir malade au début du mois de février. Quelques semaines plus tard, le mari d’une de ses amies proches est décédé des suites d’une maladie. Prisca a rendu visite à son amie régulièrement pour veiller sur elle. Peu de temps après, son amie est devenue malade à son tour, et Prisca à aider à s’occuper d’elle.
“Je ne savais pas de quoi était mort le mari, et après quelques semaines mon amie est morte aussi”, raconte-t-elle. “Après sa mort, je me suis sentie malade et lorsqu’on m’a emmenée à l’hôpital, on a diagnostiqué que j’avais la fièvre de Lassa.”
Prisca a passé 3 semaines au centre de contrôle des infections à Owo, où elle a reçu des soins gratuits. Aujourd’hui, elle est totalement guérie.
S’ils ne sont pas protégés correctement, les docteurs et les infirmiers s’exposent à un risque accru d’infection lorsqu’ils soignent un patient atteint de fièvre de Lassa. Dans les centres de santé à Owo et Irrua, ALIMA aide à former les personnels soignants sur comment se protéger pendant le traitement des cas suspects, et comment renforcer les mesures d’hygiène.
Il existe un certain nombre de mesures de prévention que peuvent prendre les personnes qui vivent ou visitent les zones où la fièvre de Lassa est endémique afin de se protéger.
Ces mesures incluent : pratiquer de bonnes mesures d’hygiène, telles que se laver les mains régulièrement, bien laver et bien cuire la nourriture, et contrôler les populations locales de rongeurs.
Pendant une épidémie, il est important d’éviter le contact avec le sang ou les autres fluides corporels, notamment le vomi, les selles et l’urine des personnes malades, en particulier celles présentant des symptômes de la fièvre de Lassa. Au sein des structures sanitaires, les personnels doivent toujours appliquer les mesures standard de contrôle et prévention des infections.
“Ca a commencé avec des maux de tête, et après un moment, des maux de gorge et une douleur à la poitrine. Lorsque les membres de ma famille ont réalisé que je ne répondais pas au traitement, ils m’ont amené chez un tradithérapeute. Je ne me suis pas senti mieux, donc mon beau-frère m’a emmené ici. Il m’a sauvé la vie ! Je viens de sortir après trois semaines de traitement pour la fièvre de Lassa. Je suis tellement content d’être en vie.”
-Nathaniel, 26 ans, conducteur de moto publicitaire dans l’état du Plateau, soigné à Irrua.
*Le soutien d’ALIMA à la réponse d’urgence à l’épidémie de fièvre de Lassa a été possible grâce à des fonds de la fondation ELMA, du Start Fund et de l’Organisation Mondiale de la Santé.
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